
On m’a conseillée ce livre en me disant: “Lis le, il devrait te plaire.” Inutile de dire que je suis toujours sceptique lorsque j’entends ces mots. Mais suivant la personne qui les prononce je m’y risque ou non.
J’ai donc entamé Retour à Killybegs de Sorj Chalandon aux éditions Grasset.
Et effectivement, ça m’a plu. Plus que je n’aurais cru. A un tel point qu’il m’en a fallu des mois pour arriver à en dire quelques mots. Et je crois encore qu’ils ne seront pas révélateurs de ce que j’ai pu apprendre ou ressentir tellement cette écriture lie si bien les mots et les émotions. Plus d’une fois, j’ai retenu le moment de suspension du point final d’une phrase. Plus d’une fois, je suis revenue sur mes pas pour juste savourer la relecture d’une phrase, d’un paragraphe, d’une page.
Sur la quatrième de couverture, les premiers mots du livre:
” Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L’IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n’ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j’en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j’enrage. N’écoutez rien de ce qu’ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m’avoir connu. Personne n’a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd’hui, c’est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu’après moi, j’espère le silence.
Killybegs, le 24 décembre 2006
Tyrone Meehan “
Et je crois que je pourrais en rester là.
Pour moi qui ne connaissait rien de l’IRA, de ses combats, je dois dire que ça secoue un peu. On traverse l’histoire de l’Eire sur trois générations. Sorj Chalandon donne cette fois la parole à son traître. Il lui donne la parole et on entend sa voix. Ce n’est pas une apologie ni une tentative d’explication. L’Histoire est une succession de faits et de dates. La vie de Tyrone Meehan est jalonnée de faits et de dates. Mais ce n’est pas l’Histoire. On l’accompagne de son enfance à sa mort. On le suit pas à pas. De son entrée dans l’IRA à l’aveu de sa traîtrise. Retour à Killybegs n’est pas l’histoire d’une traîtrise ni celle d’un traître. C’est l’histoire d’un homme. Qui comme tous les autres a un jour été un héros, un lâche, un traître.
Et juste pour finir comme il se doit, ce livre a reçu le Prix de l’Académie Française.

Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s’effondrer. À l’évidence, elle n’a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus (6 et 8 ans) lui suggèrent de l’inviter à la ferme. L’idée le fait sourire. Mais ce n’est pas si simple, certaines choses se font, d’autres pas…











